mardi 11 août 2009

Vélib' en deuil à Montrouge


Depuis peu des stations vélib’ se sont implantées dans des communes de banlieue pour compléter l’offre de transport.
Il faut féliciter la volonté de toujours vouloir offrir plus de diversité aux usagers franciliens.
Malheureusement, nos infrastructures sont mal adaptées à l’accueil dans des conditions de sécurité suffisante de ce moyen de transport non polluant, qui attire de plus en plus d’utilisateurs.

Malgré les nombreux aménagements dans la capitale les accidents restent présents, alors que faire pour circuler en sécurité dans des communes qui n’ont pas d’équipements spécifiques ?
A Paris, j’ai toujours pensé que c’était dangereux, de faire circuler le véhicule le plus « fragile » et celui qui à le plus d’angles morts sur la même voie. Faire cohabiter le vélo avec le bus, présente des risques.

Le danger des angles morts
Entendons-nous, partager les espaces n’a jamais été chose facile, mais dans ce cas c’est encore plus particulier, car si aujourd’hui on voit naître des campagnes de sensibilisation, elles restent peu nombreuses et rien dans notre apprentissage de la conduite ne nous prépare à comprendre et anticiper la circulation des véhicules du groupe lourd. Il ne s’agit pas de faire le procès de l’un par rapport à l’autre, mais de comprendre un mécanisme de vision et de positionnement. Je veux bien sûr parler des angles morts. Ceux-ci sont de parts et d’autre du véhicule lourd, pour mieux comprendre je vous invite à voir la photo du post qui est plus explicite qu’un long discours. Ces angles sont diversement grands selon le type de matériel et de rétroviseur utilisé. Il faut donc prendre cette image avec un peu de recul. Une règle est simple quand vous êtes en vélo, si vous pouvez voir le visage du chauffeur à travers le rétroviseur alors lui aussi peu vous voir. De plus tout comme la chaussée n’a pas été conçue pour le vélo, elle n’est pas toujours prévue pour les poids-lourds non plus. Il leur est parfois nécessaire d’aborder des positions qui paraissent inimaginable avec une voiture et c’est la qu’est le problème, les usagers de la route ont en général la conduite d’une automobile pour comprendre le déroulement des événements. Par exemple, à une intersection pour tourner à droite un poids-lourd sera peut-être obligé de se positionner très à gauche de la chaussée pour manœuvrer et bien sûr l’espace qu’il laisse à sa droite se trouve presque toujours comblé par un autre véhicule qui ne comprend pas la manœuvre. Au moment oû il réalise sont virage à droite, vous vous retrouvez donc dans son angle mort. Bien sûr le chauffeur n’est pas exempt de contrôler en permanence l’espace de sécurité de son véhicule et veiller en tournant que rien ne le gène avec un contrôle assidu des deux rétros. Si la manœuvre est effectuée à faible vitesse il peut voir juste avant de le percuter qu’un véhicule se situe sur sa droite et engager un freinage d’urgence, à condition que ce véhicule soit suffisamment sur son arrière droit, puisque il n’a qu’une vision restreinte de ces flans.

La sécurité : c’est l’affaire de tous
Amis chauffeurs, attention en agglomération à tous ces véhicules qui gravitent autour de vous, manœuvré avec la plus grande prudence, un lourd tonnage en déplacement est une arme dangereuse qui tue très vite et fait beaucoup de dégâts. Amis cycliste, attention aux angles morts des poids lourds, ne le doublez pas sur la droite et veillez à ce qu’il ait conscience de votre présence.

Vendredi une cycliste est décédée à Montrouge. Je ne connais pas les détails exacts de cet accident, donc je ne porte aucun avis. Seulement une mère de famille a laissé sa vie sur l’avenue de la République, c’est un événement fort. Les maires des communes qui ont implanté des stations vélib’ et qui voient aujourd’hui ce mode de transport ce développer dans leurs agglomérations, doivent prévoir des campagnes de sensibilisations et aménager les chaussées pour accueillir les cyclistes.

1 commentaire:

  1. Excellent article. On a effectivement peu conscience de l'importance de ces angles morts. Il y a par contre une forte contradiction avec le code de la route qui engage les cyclistes à rouler à droite de la chaussée.

    Je te rejoins donc et je pense que faire circuler des vélos et des bus dans le même couloir est un risque important et inutile, qu'il serait assez simple d'éviter, quitte à réduire parfois le nombre de voies réservées aux automobiles. Surtout en ville. La circulation sur les grands axes est plus complexe.

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